top of page

Du symptôme comme savoir : aux origines de la psychanalyse

23 sept.
2 min de lecture

Le symptôme est la première forme du savoir en psychanalyse. Ce n’est pas seulement qu’il oriente, en vue de sa prise en charge, comme il est d’usage dans la médecine, les recherches d’un spécialiste, mais qu’il constitue en lui-même, suivant la formule de Lacan, un dossier : le symptôme, pour autant qu’il est la manifestation d’un conflit inconscient, recèle une vérité sur le sujet qui le porte. De tous les symptômes desquels notre discipline s’occupe, c’est au symptôme hystérique que revient le double privilège d’avoir fourni quelque chose comme la preuve de l’inconscient, de ce que, pour ceux qui jurons par Freud, l’inconscient n’est pas une hypothèse, mais une réalité de la vie psychique, et d’être devenu par généralisation le modèle de toute psychonévrose. La conversion chez la femme hystérique de quanta libidinaux associés aux matériaux refoulés en accès convulsifs, troubles moteurs : contractures, arc de cercle… en opéra le « miracle ». Étrange nébuleuse faite d’images et de mots biffés, d’interdits et de motions réprimées qui, tombés sous les coups du refoulement, se détachent des charges affectives qui entrent dans la formation du symptôme. La psychanalyse en sort avec une conception originale, en excès par rapport à la sémiologie médicale, et qui soude au langage le sort de tout traitement possible de la névrose : pas le signe d’une maladie, mais un compromis entre des parties antagonistes et lieu d’une jouissance chez la/le malade. Tout cela remonte aux débuts de Freud dans la psychopathologie, lorsque E. Brücke le mit au pas de J.-M. Charcot via une bourse pour venir suivre à Paris ses Mardis de la Salpêtrière. Avec ces considérations initiales, nous avons les premiers jalons d’une réponse à la question pour la place du savoir dans la psychanalyse : elle est toujours ailleurs, en décalage quant à ses modalités d’énonciation, pas tout à fait dans la médecine ni dans la philosophie ; tantôt incarné (comme un ongle) dans le somatique, tantôt quantité à l’état libre dans le psychique ou signe errant aux méandres post-derridiens du lacanisme - savoir ectopique, en un sens, comme dit Lacan de l’Œdipe dans sa « Proposition du 9 octobre 1967 »… Ou est-ce dans le Séminaire XI. Des quatre concepts ?

 



Posts récents

Voir tout

Commentaires


bottom of page